12/24 – Escapade belge/flamande ¬ Brouwerij Het Anker

BRASSERIE HET ANKER (L’Ancre) :
Brasserie belge historique créée en 1369 (l’une des plus anciennes), Het Anker est installée à Malines (Mechelen en néerlandais) en Région Flamande dans la province d’Anvers, à mi-chemin (env. 30min de route) entre Bruxelles et Anvers (surnommée à l’époque « Pays-Bas bourguignon »). Malines compte 89 313 habitants en 2024 et est la 6ème plus grande ville de Flandre en population, la 2ème de la province. 

La brasserie fait aujourd’hui partie de l’association brassicole Belgian Family Brewers.

Les racines de la brasserie remontent au XIVème siècle, d’abord aux mains des béguines du Grand Béguinage de Malines (qui jouait un rôle majeur dans la ville, notamment par la présence du Krankenhuis : édifice dédié au soin des malades). 

Encore aujourd’hui, la rue Krankenstraat (qui signifie « rue des malades ») longe une partie des bâtiments d’Het Anker. 

À l’époque, les béguines (développées ci-dessous) brassaient d’une part pour subvenir à leurs besoins, d’autre part pour des raisons médicales car l’eau étant souvent contaminée (par exemple par des souches de Choléra), la bière s’avérait plus saine et peu importe l’âge !

 Au Moyen-Âge, tout le monde buvait de la bière y compris les nourrissons. Cela représentait environ 700L/pers/an, cad 2L/jour.

Aujourd’hui la moyenne de consommation d’alcool (tout confondu) en Belgique est de 300L/pers/an (parmi l’âge légal qui débute à 16 ans pour la bière) ; quasi 7 millions d’hL annuels globaux.

1433 : premier brassage de la Mechelschen Bruynen (« Brune de Malines ») : bière d’orge de style Belgian Dark Strong Ale devenant un siècle plus tard la préférée de Charles QUINT (né Charles de Habsbourg en 1500 près de Gand en Belgique avec le titre de duc de Brabant, cumulant plusieurs couronnes européennes – notamment roi des États bourguignons, roi de Castille, roi d’Aragon, et empereur en 1519 sous le nom de Charles V – qui en ont fait le monarque le plus puissant de la première moitié du XVIème siècle). La bière fut alors renommée la Keizersbier (« bière de l’Empereur »).

La version actuelle (la Gouden Carolus Imperial Dark – Cuvée van de Keizer) est un peu plus alcoolisée et plus houblonnée que la recette originale, toujours créée en hommage audit Charles.

Nb : Le nom de base Gouden Carolus (« Charles d’Or ») de la principale gamme d’Het Anker découle de la monnaie (écu d’or) que l’on frappait sous le règne de ce souverain et pour qui la bière continua d’être produite par la guilde des brasseurs de Malines.  

1450 : autorisation par Philippe LE BON (né à Dijon en 1396 et mort en Belgique à Bruges en 1467, fils aîné de Jean sans Peur et Marguerite de Bavière, 3ème duc de Bourgogne de la maison de Valois de 1419 à 1467, à la tête du comté belge de Namur puis du Brabant et du Limbourg) de brasser au sein de l’Hospice du béguinage une bière de style Triple traditionnel, à destination des chevaliers de l’Ordre de la Toison d’Or (ordre fondé à Bruges par P.Le Bon en janvier 1430 à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal ; essentiellement élitiste, à destination de la noblesse – adhérente à vie – et bénéficiant d’une propre juridiction qui préserve les membres de jugement par un pouvoir juridique laïque). 

1471 : décision par le duc Charles LE TÉMÉRAIRE (prince bourguignon, descendant et héritier direct de 4èmegénération du roi de France Jean II le Bon et du duché de Bourgogne, petit-fils du roi de France Philippe IV le Bel, membre des dynasties des Valois et Plantagenêt, fils de Philippe III le Bon et Isabelle de Portugal, quatrième duc de Bourgogne de 1467 à 1477) d’exempter de droits d’accise (impôt indirect perçu sur la consommation de certains produits – aujourd’hui en particulier de tabac, d’alcool et de pétrole+dérivés) et de taxes les bières produites par « les béguines et leurs officiers » :

« Charles, par la Grâce de Dieu, duc de Bourgogne, etc. autorise l’infirmerie Krankenhuis de brasser et faire brasser des cervoises, sans payer les droits d’accise, au dit-hôtel de l’infirmerie. Pour les béguines et leurs officiers et serviteurs de cet hôtel, à l’exception des autres béguines dudit béguinage qui demeureront contribuables des droits d’accise à la ville à la manière accoutumée. »

1869 fin des activités des béguines sur place. 

1872 rachat des bâtiments du Grand Béguinage de Malines et reprise de l’activité brassicole par la famille VAN BREEDAM qui possédait déjà une distillerie à Blaasveld (20min de voiture de Malines). Dès lors, la brasserie prend le nom d’HET ANKER.

1990 : héritage par Charles LECLEF (neveu de Michel VAN BREEDAM, 5ème génération de la famille) de la brasserie, délabrée et au bord de la faillite. Ne se laissant pas abattre, il rénova entièrement l’installation brassicole ; puis procéda à l’ajout de l’hôtel, du bar et de la boutique.

1872 – 1911 : installation d’une chaudière à vapeur dans la brasserie.

1911 – 1935 : innovation des équipements de maltage et d’embouteillage, dirigée par Victor VAN BREEDAM (2ème génération de brasseurs).

1935 – 1962 : abandon progressif de la ‘blonde lager’ type Pils au profit de bières dites « spéciales », résolument belges (cet axe perdure).

Dans les années 60, la gamme Gouden Carolus (la plus réputée aujourd’hui) est lancée.

1991 – 1993 : mise en place d’une relation de brassage commercial à court terme avec la brasserie RIVA.

1995 – 1997 : mise en place d’une relation de brassage commercial à court terme avec l’entreprise brassicole JOHN MARTIN.

2009 : introduction d’une nouvelle marque-recette au catalogue : Meneblusser, une Belgian Blond Ale à 5.8% ABV, censée être plus ‘accessible’ (facile à boire, bière de tous les jours) que la Gouden Carolus Tripel).

2010 : installation de la distillerie de whisky dans la ferme familiale du MOLENBERG à Blaasveld (commune de Willebroek). 
L’intégration est logique car jadis la famille VAN BREEDAM y moulait et distillait déjà des céréales. Elle produisait aussi du genièvre.

La Distillerie De Molenberg fut la première distillerie de whisky belge à utiliser des chaudrons écossais traditionnels (Pot Stills), de fabrication sur-mesure. 
L’élaboration du whisky repose sur un lent processus de double-distillation du moût (malt d’orge infusé chauffé) qui mûrit ensuite dans des fûts de chêne & des fûts spécifiques (créés sur-mesure également) pendant au moins 3 ans.

2016 : lancement d’un partenariat financier stratégique sur 30 ans avec la banque BNP Paribas Fortis Private Equity.

C.Leclef reste Directeur Général et actionnaire principal à 70%, le groupe financier à 27,8%.

2020 : appel d’offres gagné pour l’acquisition de l’église Saint-Josef quasi voisine (banlieue Battel, à côté du canal de Louvain-Dijle) dans le but d’y installer une autre microbrasserie plus ‘craft’ avec microdistillerie, limonaderie et restaurant intégré.es.

2021 : la microbrasserie/distillerie BATTELIEK voit le jour dans l’église.

 Octobre 2024 : départ de William, fils Leclef devant être successeur (qui préfère se consacrer à sa carrière pour l’organisme caritatif 11.11.11) et mise en vente d’Het Anker (toutes activités), orchestrée par la société de fusion et d’acquisition VDP.

 Décembre 2024 : rachat par la brasserie belge HUYGHE (basée à Melle en Flandre orientale, fondée en 1906 par Léon HUYGHE et notamment connue pour la bière Délirium) qui a investi 50 millions d’euros. 

L’acquisition comprend les actions d’Het Anker + l’hôtel + le bar-restaurant + la distillerie de whisky (récemment relocalisée à Malines) + Batteliek. Le nouveau groupe Huyghe-Het Anker génèrerait désormais un CA combiné d’environ 65 millions d’euros. 

HET ANKER se traduit littéralement par « L’Ancre ».

Plusieurs anecdotes font récit d’origine pour ce nom. L’une d’elle évoque le port maritime d’Anvers, où aurait probablement transité une partie des ingrédients et matériels de brassage historiques. Une autre suggère que le nom provient du verbe néerlandais verankeren, qui signifie « sécuriser fermement » ou « fournir une base / une fondation » ou simplement « solidifier / ancrer » (justement). Enfin, cela pourrait être une marque de respect pour le célèbre maltier et brasseur de Malines des premières années d’activité de 1300, Jan IN DEN ANKER.

Une béguine est une femme célibataire ou veuve appartenant à une communauté religieuse proche des ordres mendiants, autonome et qui suit une règle monastique sans prononcer de vœux perpétuels (elle reste donc laïque et indépendante, hors de la tutelle de la hiérarchie ecclésiastique).

Les béguines sont aussi nommées « Sœurs du Saint-Esprit », « Filles-Dieu » (remplacées en France par les sœurs du Tiers-Ordre franciscain sous ordre de Louis XI) ou « beatas » (Espagne).

Leurs homologues masculins sont les « béguins » ou « béguards ». 

Le mouvement béguinal, aujourd’hui disparu, est apparu à Liège – première agglomération Wallonne à l’est de la Belgique – à la fin du XIIème siècle et s’est rapidement étendu en Europe du Nord-Ouest en suivant l’axe rhénan. 

La dernière béguine au monde, Marcella Pattyn, est décédée à Courtrai le 14 avril 2013.

Première forme de vie religieuse féminine non-cloîtrée, elle permet aux béguines pourvues de revenus propres de vivre dans des logements individuels (propriétaires ou locataires), et dans des maisons communes (les convents) pour les plus démunies. Habitations souvent regroupées autour d’un édifice religieux (généralement chapelle) – l’ensemble constituant un « béguinage ». 

L’ordre suit une hiérarchie précise :
¬ À la tête : la (parfois les) « Grande(s)-Maîtresse(s) » (magistra ou grootmeesteresse en néerlandais) ou « Grande(s)-Dame(s) » (Grootjuffrouw), élue(s) par les maîtresses (rang inférieur) et chargée(s) de faire respecter les statuts et de contrôler l’organisation générale. 
Elle(s) peu(ven)t se faire assister par un ou des « mambours » (tuteurs, momboor en néerlandais).
¬ Second rang : la « Maîtresse d’hôpital », qui gère notamment la caisse (« table du Saint-Esprit ») alimentée par des legs et donations, et qui permet aux béguines dans le besoin de voir leur séjour infirmier/médicalisé financé par la communauté.  
¬ La « Maîtresse d’église » ou « Sacristaine », chargée de l’entretien et des dépenses de l’église, de la direction de la chorale, des offices et des exercices spirituels. 
¬ La « concierge » ou « tourière », chargée de surveiller les allers et venues des béguines, les entrées et sorties de matériaux et vivres, ainsi que des personnes de passage (visite ou travail). 
¬ Troisième rang : les « Maîtresses des convents », responsables du bon ordre général, du respect des règles (devoirs de prière ou exercices religieux en mémoire du fondateur et de sa famille) et du bon fonctionnement dans le convent qui leur a été attribué.

La position hiérarchique déterminait la position spatiale lors des offices : les Grandes-Maîtresses à l’avant, suivies des maîtresses, puis des béguines propriétaires, des béguines sans fortune et enfin des novices.

En 1998, 13 béguinages flamands ont été inscrits à la liste du Patrimoine mondiale de l’UNESCO, dont les deux de Malines où siège la brasserie HET ANKER. Le Grand Béguinage de Malines a la particularité de s’être progressivement développé à travers un quartier et de former un béguinage à rues.

Sur place, il est possible d’observer ou de se rendre (librement ou en visite organisée, voire de séjourner plusieurs jours & nuits) à :
¬ Boutique boissons + merch’
¬ Bar/taproom-restaurant (type pub/auberge flamande)
¬ Salle de dégustation privée (groupes ou visites)
¬ Brasserie historique avec cuves en cuivre + chai (vieillissement en fûts des whiskys de la brasserie) + muséographie intégrée
¬ Brasserie active (machinerie visible par une vitre au RDC et cuves de brassage en toiture – les cuves de garde longue sont sur un site externe éloigné en périphérie de Malines, environ 15-20min de voiture)
¬ Hôtel 3 étoiles dans ancien bâtiment attenant (22 chambres neuves, très bien aménagées, propres et confortables, intimisées)

La distillerie de whisky (anciennement à Blaasveld et récemment reportée à Malines) n’est pas sur site ni visitable. 

Nb : il subsiste, dehors et surtout dedans, un bon nombre de machines d’époque, bien préservées et qui, malgré leur allure parfois mystérieuse, savent parfaitement révéler les secrets de leurs rouages et illustrer les pratiques ancestrales qui prenaient place aux débuts de l’activité brassicole locale.
Un merveilleux voyage dans le temps !

Les 3 cuves en cuivre dans la salle de brassage historique ont été installées juste après la Seconde Guerre Mondiale.

Désormais non-active, l’ancienne brasserie est toutefois visitable et les vieilles cuves appréciables.
L’unité de brassage contemporaine se trouve juste à côté, accolée au nouvel hôtel.  

En 1990, la brasserie produisait environ 1 300 HL/an de bière (brassages 1x/mois).

L’année dernière, elle a brassé 45 000 HL (420 sessions/an, 5 brassages/jour possibles, 5/7jours toute l’année, environ 27 000L/brassage sur une capacité de production à 70%).

Avant son rachat récent, elle bénéficiait d’un CA de 15 millions d’euros et comptait 90 employé.es.

Ou Rijpingsmagazijn e (« entrepôt de maturation ») comme on dit dans le jargon local. 

Disposés entre des murs d’époque (dont on peut encore sentir l’odeur des vieux jours), les fûts s’étalent à travers plusieurs pièces et sur plusieurs étages. 

En plus de dégager une certaine émotion par leur caractère ‘ancestral’, ils dégagent surtout la fameuse Part des Anges : vapeurs d’alcool parfumées qui s’évaporent lentement lors du vieillissement des liquides en barriques. 

Quel accueil ! Ça sent bon la crème brulée, le caramel, le bois humide, la vanille, la noisette…

Est-ce là le Paradis que chantent les anges ?!…

Nb : lors de la visite des chambres à fûts, une dégustation du whisky maison Gouden Carolus Single Malt standard vieilli en fûts de Bourbon & fûts ‘Het Anker’ créés spécialement pour la brasserie (brûlés à intérieur) est proposée, et c’est une délicieuse surprise !
Sans à priori cela dit, j’ai été agréablement saisie par ce breuvage que j’ai fort aimé : franchement expressif, ample et équilibré, chaleureux, solide et aérien, vif, affable… Une bonne découverte qui a rempli mon sac de retour (oups) !…

Actuellement, HET ANKER offre un panel de 17 bières, ainsi que du whisky et des sirops de fruits.

La gamme de bières la plus connue est la GOUDEN CAROLUS (dont l’avènement a pris forme entre 1962 et 1990 sous la direction de Michel VAN BREEDAM). Emblème de la brasserie, c’est à la fois sur elle que l’activité repose. 

Nb : comme évoqué plus haut, le nom (« Carolus d’Or ») provient de la monnaie qui été frappée sous le règne de Charles QUINT, amateur des premières versions brassées à Malines. 

10 variétés (dont 2 saisonnières et 2 annuelles) de Gouden Carolus existent : 

 Gouden Carolus Classic : « Grande Bière Impériale », la + commune, la ‘classique’ quoi. 
⇒ Belgian Dark Strong Ale 8.5% ABV
⇒ Nommée « Meilleure bière brune du monde » en 2012 aux World Beer Awards

 Gouden Carolus Ambrio : version ambrée de la Classic (en gros).
⇒ Belgian Amber Ale 8% ABV
⇒ Recette de 1421, c’est la plus ancienne de la brasserie (chaque ville ayant initialement sa propre bière, la Mechelschen Bruynen fut brassée spécialement pour Malines)

 Gouden Carolus Triple : la vraie ‘classique’, ‘l’ancestrale’, brassée à l’origine (1491) pour les Chevaliers de la Toison d’Or, toujours brassée selon la méthode traditionnelle.  
⇒ Belgian Tripel 9%
⇒ Médaillée d’or en 2002 dans la catégorie Triple à la World Beer Cup
⇒ Récompensée en 2010 à l’European Beer Star dans la catégorie Belgian Style Tripel
⇒ Médaillée d’or en 2012 comme meilleure Triple au monde (World’s Best Belgian-Style Tripel)
⇒ Le whisky classique Single Malt est distillé à partir de son moût

 Gouden Carolus Hopsinjoor : qu’on pourrait qualifier de ‘triple houblonnée’, plus ‘verte’ que sa consœur.   
⇒ Belgian IPA 8%
⇒ Le nom fait référence à Opsinjoor qui se confond avec l’histoire de Malines et évoque les 5 variétés d’houblons utilisées dans la recette
⇒ Lancée en 2008 lors du festival Zythos-bière et élue comme la meilleure bière dans la foulée

 Gouden Carolus Imperial Dark : Cuvée van de Keizer Blaw (« Cuvée de l’Empereur brune »), brassée exclusivement les 24 février (depuis 1999), date d’anniversaire de Charles V.
⇒ Belgian Imperial Dark Strong Ale 11%
⇒ Quantité limitées, recette propice (et même conseillée) à la garde longue
⇒ Nommée « Meilleure Belgian-Style Strong du monde » en 2015

 Gouden Carolus Imperial Blond : Cuvée van de Keizer Rood (« Cuvée de l’Empereur blonde »), lancée en 2008 à l’occasion des 10 ans de la Gouden Carolus Cuvée ven de Keizer Imp. Dark, comme pendant lumineux (d’abord éphémère) à l’ombre gourmande. 
⇒ Belgian Strong Golden Ale 10%
⇒ Utilisations de plusieurs sortes de malts et ajout de 3 épices

 Gouden Carolus Whisky Infused : base d’une Gouden Carolus Imperial Dark enrichie d’une infusion de whisky Gouden Carolus Single Malt Standard pour dévoiler des flaveurs gourmandes typiques de barriquement (vanille, cacao, bois de chêne imbibé, châtaignes, raisins sec Sultana…)
⇒ Whisky Infused Belgian Dark Strong Ale 11.7% ABV
⇒ Lancée il y a peu et déjà pas mal de médailles au compteur !

 Gouden Carolus Christmas : comme le nom l’indique, éphémère brassée spécialement pour la période de Noël (recette reprise en 2002 après 35 ans d’absence).
⇒ Christmas Ale 10.5% ABV
⇒ Ajout de 3 sortes d’houblons + 6 épices

 Gouden Carolus Easter : idem mais pour Pâques (éphémère encore + rare). 
⇒ Sweet Belgian Dark Strong Ale 10.5% ABV

 Gouden Carolus Indulgence : série de bières annuelles limitées et différentes d’un temps à l’autre.  
⇒ Cette année, la Margaretha est la « 10ème expression » du label
⇒ Belgian Dark Strong Ale + Red Flanders mix aged on cherries 8.5% ABV

Autres marques : 

 Maneblusser – Mechels Stadsbier : la « bière de Malines », destinée à un plus grand public avec une plus grande buvabilité grâce au taux d’alcool modéré. 
⇒ Belgian Blond Ale 5.8%
⇒ Son nom Maneblusser découle d’une légende relatant un fait de la nuit du 27 janvier 1687 lors de laquelle la lune se serait reflétée sur la tour de la Cathédrale Saint-Rombouts pendant une nuit brumeuse, donnant à la population l’impression d’un incendie géant (« au feu ! au feu ! la tour est en feu ! » cria-t-on), déclenchant l’alarme et la panique générale, puis le calme après le feu-tempête à l’issue duquel le surnom Maneblussers (« extincteur.euses de lune ») fut donné aux habitant.es de la ville. 

 Boscoli – Cool Fruit Beer : la ‘bière de soif’ fruitée par excellence, qui n’a pas d’autre vocation que d’être sifflée en terrasse par tout le monde, surtout celleux qui n’apprécient pas la bière mais plutôt les sirops. 
⇒ Fruited Red Ale 3.5%

 Lucifer : autrefois produite par la feue brasserie RIVA ; gamme grand public. 
⇒ Belgian Strong Pale Ale 8%
⇒ Brassée au départ vers 1980, Het Anker a obtenu les droits dessus en 2009

 La Cambre Blond : bière de type Abbaye qui rend hommage à Dame Gisèle (religieuse bénédictine – suivant la Règle de l’ordre de Cîteaux, puis qui adopta plus tard la règle plus austère de Saint-Bernard – qui fonda l’abbaye de Cambre, oratoire dédié à la Vierge Marie situé dansd la vallée du Maelbeek, vers 1201, avec l’appui du duc de Brabant Henri Ier et de l’évêque de Cambrai) et son hospitalité qui porte sa réputation. 
⇒ Belgian Abbaye Blond Ale 6.3%
⇒ Elle bénéficie du label de qualité « Bière d’Abbaye Belge Reconnue » qui garantit un lien concret avec le site de l’abbaye (où la bière était brassée auparavant) ainsi que le versement des bénéfices à l’abbaye en question afin de soutenir des œuvres caritatives et de servir à son propre entretien (c’est donc une bière brassée par Het Anker pour l’abbaye de Cambre, c’est-à-dire brassée à façon).

 La Cambre IPA : dans la même veine que la précédente mais aux caractéristiques houblonnées + marquées. 
⇒ Belgian IPA 4.9%
⇒ Elle bénéficie également du label qualité « Bière d’Abbaye Belge Reconnue »
⇒ Bénéficie aussi d’un Dry-Hopping (« houblonnage à sec » ou « à froid ») avec les variétés d’houblons Wakatu et Simcoe, conférant des arômes tropicaux et un arrière-goût fruit de la passion

 Gouden Carolus Single Malt : 1er lancement en décembre 2013, issu d’une distillation débutant en octobre 2010 dans la fabrique ancestrale Molenberg à Blaasveld. 
⇒ Whisky Single Malt d’orge 46%
⇒ Distillation à partir du moût de la bière Gouden Carolus Tripel (donc sans houblonnage), dans les cuves en cuivre martelées à la main, avec vieillissement en fûts de Bourbon de premier remplissage puis en fûts de chêne spéciaux ‘Het Anker’ (conception sur-mesure)

 Gouden Carolus Whisky Belgian Cream : liqueur de crème entière préparée avec le whisky Gouden Carolus Single Malt
⇒ Whisky Cream Liquor 17% (type Baileys’ Irish Cream)

 Autres whiskys possibles : SINGLE MALT BLAASVELD BROEK (tourbé) ; SINGLE MALT SHERRY OLOROSO OAK (fûts de Xérès Oloroso en chêne américain) ; SINGLE MALT MADEIRA ; PEDRO (11th Anniversary Limited Edition : maturation fûts de Bourbon + ‘Anker’ + 2 ans fûts de Vermouth en chêne américain – anciennement utilisés pour le Vermouth espagnol de raisin Ximenéz –)…

Micro-brasserie / micro-distillerie / micro-limonaderie installée en 2021 dans l’ancienne église béguine de Battel Saint-Josef, le long du canal Louvain-Dyle, à quelques pas de la brasserie historique. 

Le lieu est vraiment superbe ! 

Très bien restauré, avec l’unité de brassage bien intégrée (cuves visibles), et l’espace commun joyeux, lumineux, festif, chaleureux et convivial, et encore bien imprégné des restes religieux/patrimoniaux (archi bâtiment + déco intérieure)… Dès les premiers pas, on s’y sent bien.

Le service est plutôt bien assuré et la nourriture, généreuse et conviviale elle aussi, est bonne, bien faite et efficace, remontante.

Néanmoins, la qualité des bières ne suit pas et c’est bien dommage… Avec un lieu comme ça qui présente un potentiel optimum et qui bénéficie d’une offre mets qualitative, la qualité zytha très en-dessous (services daubés ou recettes juste ratées) rend l’expérience assez frustrante.  
C’est dommage car une belle base est déjà bien là !

Allez, un petit changement de cap et de mimines qui fabriquent mieux, et on sera bon bon bon !…

Une visite très sympathique, courte mais efficace, bien menée par un guide fanfaron « à la belge » comme aime, dans un ensemble d’espace doté de machines et de revêtements d’époque qui imprègnent les pores comme peu de temps après le font les breuvages produits sur place et joyeusement dégustés… ⇢ un retour dans le temps chaleureux et typique, confortable la nuit, qui vaut le détour (surtout pour les novices et/ou curieux/euses tombé.es là par hasard).

À tantôt, une foé !

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