Westill Festival, Vallet (44) ¬ Review édition 2024

Ayant déjà assisté au concert d’APHASIS – le précédent groupe, ouvrant les festivités – au tremplin Westill de la Fête de la Musique de Vallet le 21 juin dernier, je me suis permise de le bouder pour ce festival et de l’entamer directement avec QILIN ; quatuor instrumental parisien aux genres croisés (comme souvent) dominance Psych-Stoner-Doom.

Sans être pompeux ni avec de grosses lourdeurs, le son du groupe présente un bon fuzz Stoner prenant, une lancinance Doom apaisante et quelques élans Post/Sludge Metal excitants, pour un ensemble psyché et entrainant en même temps.

La prestation était calée et parfaitement menée, agréable à suivre et soutenue par un public amical communicatif.
Une bonne surprise et une bonne entrée en matière !

Je dois reconnaître que, contrairement à la majeur partie de la programmation, je ne connaissais pas ce trio australien Psyché-Acid / Blues-Rock… Quelle honte et surtout quel dommage !…
Tant de temps passé sans avoir profité des délices de leurs vibrations… Croyez bien que, depuis, j’ai bien remédié à ça – repartant fissa du fest’ avec au moins un vinyle sous le bras !

CHILD correspond pile à ce que j’aime : patte psyché-rock à l’ancienne (70’s/Woodstock) + bons gros graves gras Desert/Stoner et élans Blues-Rock profonds voire érotiques…
OH YEAH ! On en veut plus !

Perso, moi, je me suis carrément laissée porter et bien emballée…
La prestation scénique était nickel, l’osmose entre les musiciens géniale et la performance du chanteur (Mathias Northway, qu’on me souffle dans l’oreillette), absolument envoutante !

Sans être un gourou avec ses sbires, il a pourtant réussi à nous fondre dans une transe profonde mais collective, comme le groupe sait user de ses capacités d’un commun accord (de guitare et de basse, z’avez suivi ?!).

Un coup de cœur !

Comme la plupart des noms à l’affiche de cette édition, il me tardait de voir en live GREENLEAF, quatuor suédois Hard/Stoner Rock à souhait. Là non plus, je n’ai pas été déçue.

Le groupe a su transposer ce que je ressentais et appréciais lors des écoutes « artificielles » à distance, avec une fougue et un humour ultra appréciable et, surtout – non-négligeable dans ce genre de moment – communicatif.

L’énergie et la cohésion de groupe étaient au rdv, emmenant le public au complet et confirmant, à travers l’interprétation d’anciens emblématiques et de nouveaux titres, la justesse et la qualité de la bande.

GREENLEAF, ça joue (comme on dit en Suisse), et ça joue bien !

NIGHTSTALKER, quatuor grec pur Stoner Rock (tendance Sludge/Rock’n Roll), fait aussi partie des groupes emblématiques – voire définition – du genre et des « must see » que j’avais sur ma liste.
Bien que je n’ai pas été déçue et même très satisfaite de la prestation, je dois reconnaître que je me suis prise moins de claque qu’avec certains autres groupes (notamment Child ci-dessus).

N’empêche que c’était propre et que l’exécution des 4 musiciens était à la fois aux petits oignons et détente. Batteur relax mais au groove solide, ayant joyeusement salué le public à la fin ; guitariste chill et tenu dans son jeu, offrant quelques sourires lui ayant été retournés par la foule ; et chanteur stoïque mais détendu aussi, offrant une danse de maracas psychédélique et amicale en conclusion vocale, continuant d’entrainer la foule au-delà du concert…

La fin du show a été ponctuée par un échange manuel entre le guitariste jovial et des membres du public encore plus enjoué.es, maintenant l’ambiance survoltée et préparant les prochains artistes (Dozer) à leur apparition…
NIGHTSTALKER, ça valait le coup !

Pour le coup, DOZER, quatuor suédois (lui aussi) de Stoner pur (lui aussi) qui partage le bassiste et le batteur avec Greenleaf (lui aussi), c’est clairement le bulDOZER de la soirée ; et ça tombe bien, car il conclue le show le premier soir et peut donc tout balayer avant le fermé de rideau !

Là aussi, j’espérais une belle presta et j’ai eu une bonne presta ; bien que complètement décadente, déstructurée, frénétique, pogoteuse et slameuse (corporellement parlant), un chouille destroy…

Y’a pas à dire, dans la foule, ça s’est bien éclaté et ça a bien tourné ; ça a clairement été la tempête avant le calme !…
Côté scène, ça a tenu la route, malgré les litrons enfilés de manière assumée par le chanteur – bières directement piquées au gentil public –.

Je n’avais jamais assisté à un concert de DOZER auparavant, j’ai donc globalement apprécié la prestation énergique et techniquement bien assurée du groupe – pour une fin de soirée – ainsi que les torrents humains sans merci de la fosse (mais avec bienveillance – rien n’est tout noir ni tout blanc). Mais d’après certains dire que j’ai pu recueillir sur place, l’état du chanteur paraissait inhabituel et surtout peu sobre…

N’étant pas là pour investiguer ni trancher du pourquoi du comment, je me contente de me concentrer sur la prestation qui m’a en majorité satisfaite et surtout retournée – dans tous les sens du terme !…

A revoir, sans doute, mais sans regret, BRO !…

Étant malheureusement arrivée en retard, j’ai loupé BIRDS OF NAZCA que je souhaitais pourtant découvrir en vrai.

Qu’à cela ne tienne ! J’ai pu rencontrer GRANDMA’S ASHES que je zieutais depuis un moment ; elles-mêmes ayant enchainé plusieurs concerts autour de points de chute où je me trouvais (notamment Nantes et Grand Ouest).

Il y a un mot qui me vient en me remémorant la performance du groupe : CARRÉ – de la préparation/réglages (auxquels on a pu longuement assister) à la prestation musicale –.
Les filles savent clairement où elles vont et ce qu’elles veulent présenter, sans prise de tête ni prétention aucune, et ça, c’est appréciable !

Il se dégageait à la fois un juste professionnalisme (qu’elles ont elles-mêmes relevé à la fin de leur performance et au cours d’un an de tournée apprenante) et une franche ouverture au public et à la composition.
Visiblement encore en tâtonnement ou plutôt expérimentation quant à la ligne musicale à suivre (d’après leurs propres dire), l’exécution est pourtant parfaite et les compositions proposées enivrantes.

La proposition d’ensemble sait être aussi grave que détachée, envoûtante que frontale, joyeuse que mélancolique… Définitivement prenante et fédératrice, accordant le public sur la justesse des morceaux présentés et de leur exécution !

Dans la pure veine des années 70’s, le quatuor suédois SIENA ROOT propose une recette musicale Vintage Psych-Blues-Stoner Rock que j’affectionne particulièrement et dont les écoutes ne me lassent jamais.
Là non plus, je n’ai pas été déçue, bien au contraire !…

Siégeant dans mon panthéon de groupes Psych-Vintage-Blues-Rock actuels – aux côtés par exemple de BLUES PILLS, WUCAN, PRISTINE, JESS AND THE ANCIENT ONES, etc. –, la rencontre fut fort appréciée et non-déceptive, au contraire de certains rdv T*nder…

En plus d’avoir une exécution scénique parfaite et une cohésion de groupe, la proposition Old School/Rétro est filée jusqu’au bout ; des compositions musicales à la représentation scénique, notamment illustrée par les vêtements chinés et l’orgue de seconde-main dont la chanteuse/claviériste Zubaida Solid use à la perfection.

On ne manquait déjà pas de bonnes bières artisanales enivrantes sur le site, les psychotropes artificiels n’ont pas non plus manqué de faire effet à travers les ondes de ce groupe ultra et extra-temporel !

Fidèle représentant du genre et indéfectible créateur, le trio américain (Ohio) d’Heavy/Hard-Stoner Rock VALLEY OF THE SUN devait être un incontournable et une tête d’affiche du festival.

J’en attendais beaucoup, j’ai été déçue. Pas musicalement, au contraire : ça a été maîtrisé de bout-en-bout et on (le public) s’est éclaté de A à Z en prenant toutes les ondes psycho-sonores et alpha-vibratoires en pleine poire et au fond des os.
Néanmoins, l’attitude du chanteur et les expressions dégagées ne m’ont pas plu. J’ai trouvé un certain snobisme à la fois dans l’installation technique et dans l’exécution scénique. Peu d’interaction groupe/public ont, à mon sens, eu lieu, et le ton utilisé fut souvent très autoritaire et peu amical.

Tout le monde en a pris pour son grade ; des technicien.nes du son, au public assez oublié en terminant par le pauvre photographe officiel qui, comme pour chaque set, devait réaliser une photo de groupe avec le public en arrière-scène ; sans aucun succès ni considération de la part des artistes.

Pour ma part – bien que je salue les compositions, la maîtrise technique et l’habilité scénique –, ce groupe est ma seule vraie déception du festival, alors que je l’aime/ais beaucoup et que je n’avais aucun a priori à son sujet.
Comme quoi, voir en vrai sert toujours à l’appréciation qu’on peut avoir pour telle ou telle personne/chose (philosophie du soir et de comptoir, bonsoir !).

Là aussi, on attendait un grand monument du genre dont la réputation n’était plus à faire. Pour le coup, peu de surprise dans la prestation mais une belle exécution sans accro et avec un engouement partagé dans la salle !

MONOLORD, excellent quatuor suédois (encore !!!) d’Heavy-Sludge / Stoner-Doom, a offert une performance au poil, techniquement maîtrisée (en oubliant le défaut technique du début, dû à un câble jack défaillant mais parfaitement géré par les deux parties – guitariste du groupe et technicien.nes du fest) et humainement agréable.

Bien que d’apparence dans leurs bulles, chaque membre du groupe était en parfaite harmonie, aussi bien les uns avec les autres que le groupe avec le public du Westill.
Tout a été délivré de manière, là aussi, « carrée’ », mais non sans émotion ni connexion.

MONOLORD, valeur sûre, à revoir et réécouter.

Censé être la « tête d’affiche », le quatuor anglais d’Hard/Heavy Metal – Stoner Rock ne s’est pourtant pas tant démarqué (sans pour ainsi dire être mauvais). Restant globalement et à mon goût en surface et dans ses marques, je n’ai pas ressenti de plus-value quant à une écoute à domicile ni de connexion directe avec le groupe.

L’énergie humaine et la qualité musicale étaient présentes, et pourtant, un petit truc manquant ou en trop a fait que ça n’a pas complètement pris avec moi…
Va savoir ; les goûts et les couleurs comme on dit (et tant mieux!).

Le concert s’est bien déroulé, il a coulé comme un fleuve, on a bien profité et les échanges ont fusé ; c’est ce qui doit compter, non ?!…

SLOMOSA s’est finalement révélé comme tête d’affiche de la soirée, et c’était agréable de conclure en beauté avec un groupe content d’être là, dont le public était aussi content qu’il soit là, et pour qui/face à qui la position de fin de soirée n’a posé aucun problème, bien au contraire !

L’ambiance était survoltée et le groupe attendu, YEAH !!

Pour ma part, j’ai découvert ce groupe il y a 1 an en Picardie aux CELEBRATION DAYS – festival du label CELEBRATION RECORDS – ; je savais donc à quoi m’attendre et me languissais même de les revoir, fatigue ou pas fatigue (on se fait vieilleux, pas d’vieux os, toussa, toussa, que voulez-vous mes pauv’ vieilleux…).

J’avais déjà été complètement prise par la fougue qu’ielles distillaient et par l’énergie tellurique qui était partagée ; je ne pouvais pas ne pas rester et surtout, comme la plupart de la foule à mes côtés qui, exceptionnellement entre 2 concerts, n’avait pas déserté la fosse en attente impatiente de la suite, me devais de rester corps et âme et modjo musical pleine balle !

Je crois parler pour tout le monde en affirmant que personne n’a été déçu.e.
Y’a pas à dire, SLOMOSA fait toujours le taf, et très très bien !!
Les riffs sont excellemment maîtrisés ; les compositions variées mais teintées d’une même patte reconnaissable ; l’échange scénique franc et décontracté, direct ; l’énergie pure et les basses profondes ; le temps indéfini mais la rythmique marquée…

Bref, SLOMOSA, c’est toujours un régal et un plaisir entier, inscrit dans les chairs et dessinant des sourires, peu importe l’humeur de base !…

Comme chaque fois depuis plusieurs années (à quoi bon compter ?!…), le Westill est trop bien, toujours bien géré et même plus trop top !…

Bravo pour les améliorations bien pensées (techniques & logistiques) rendant l’expérience non seulement aussi bien mais encore mieux qu’avant !
L’espace de déambulation est plus ample, la sonorisation est mieux, l’ambiance lumineuse est meilleure, l’informel numérique (tickets + jetons de paiement) optimisé, la cuisine toujours excellente (vive la tartiflette végétarienne trop bien cuisinée !!), le relationnel inconditionnellement génial, le fond altruiste/humaniste clairement présent et renforcé (association animale locale présente sur place cette année), la sécurité sûre mais modérée, les souvenirs définitivement ancrés en bonnes expérimentations… Y’a pas, WESTILL : ça gère ++ !!

Je tiens à saluer les améliorations techniques qui ont été faites, aussi bien au niveau de la lumière que du son (la salle a aussi été refaite, semble-t-il, ce qui participe à l’amélioration de l’acoustique). Cette année, aucun problème de voix (j’ai encore un triste souvenir de la prestation de 1000Mods il y a 3 ans…) et l’immersion fut totale. Couplée à la nouvelle disposition des stands merch et bouffe : la déambulation et l’introspection d’écoute étaient parfaites !

Je suis aussi ravie que la tartiflette (végétarienne dans mon cas) soit toujours au menu et toujours aussi bonne, et j’ai été agréablement surprise de trouver une association pour la défense et le Droit des animaux présente sur place, avec des gâteaux et pâtisseries maison – pour beaucoup véganes et/ou sans gluten – ; un élan solidaire dans ce déjà bien joyeux bordel humano-musical : je dis OUI !!! 

À ce jour et uniquement pour moi, WESTILL est dans le Top 3 des meilleurs festivals de musique en France – aussi bien en termes d’orga, d’ambiance, de logistique, de prog’ et de savoir-vivre/être !

BRAVO WESTILL de continuer à nous régaler (dans tous les sens du terme), rester droit.e et sans prétention, et de s’améliorer d’année en année en conservant la fibre initiale qui nous fait profondément du bien !

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